L'Heure du Rassemblement ...

En-tête
Notre Président, Pierre JAUDON, Lieutenant au maquis O.R.A de l'Aveyron se souvient de son entrée à MONTPELLIER le 27 août 1944.
Le quotidien régional Midi-Libre du 27 septembre 2007

Que l'Histoire se souvienne ..

Francis CAPPE engagé volontaire pour la durée de la guerre avec son frère au maquis CFL du gard, puis à la B.L.L au 80°R.I. participe à la campagne du Rhin jusqu'à la capitulation.

Francis CAPPE, Président de l’Association B.L.L - 80 d'ALES.


En ce jour qui verra la fusion entre l 'amicale des anciens de la brigade légère du Languedoc et l’association des anciens du 80° Régiment d’infanterie, je voudrais rappeler brièvement le parcours de ces hommes qui ont appartenu à la brigade légère du Languedoc. Je tiens à souligner que la moyenne d’âge de ces garçons était de 20 ans environ.

Venus des maquis du Gard, de l’Hérault, de la Lozère, du Tarn et de l’Aveyron , ces résistants, pendant les heures sombres de l’occupant, s’étaient battus contre les allemands et avaient pris une part importante dans la libération de leur département respectif.

Ils faisaient partie de la Région R.3 commandée par Gilbert de CHAMBRUN (Alias Colonel CARREL). Beaucoup, parmi eux, décidèrent à la libération de continuer la lutte jusqu’à la victoire finale.
Ils sont donc les soldats de la brigade légère du Languedoc crée en septembre 1944 par Gilbert de CHAMBRUN. Cette unité, intégrée dans la  première armée  française du général de LATTRE DE TASSIGNY, participera à la libération du territoire national et à la pénétration en Allemagne sous les ordres du Colonel THOMAS, puis du Colonel BARBIER.

Elle participa, entre autre, au combat de RECHESY et à la libération des villes de SAINT-LOUIS, HUNINGUE, VILLAGE-NEUF et HESINGUE dans la région des trois frontières dans le Haut-Rhin.
Elle fut utilisée comme infanterie d’appoint à la 4ème D.I.C, et parmi les premières troupes alliées à arriver au bord du Rhin.

A nos camarades de combats morts pour la libération de notre pays au nom des derniers survivants de notre Unité, je veux rendre hommage à tous ces jeunes combattants volontaires disparus dans la fleur de l’âge.
Pour symboliser cet hommage, j’en choisirai un qui était le plus jeune d’entre nous ; il a été tué lors de la libération de VILLAGE-NEUF, il s’appelait SOLERS , il avait 16 ans, c’était déjà un homme.

Que l’histoire ne les oublie pas.


Garder la mémoire jusquà ce qu'elle entre dans l'histoire...

Pierre JAUDON élève à St. Cyr rapatrié à AIX en PROVENCE déserte en novembre 1942 pour ne pas remettre son arme aux Allemands à l'invasion de la zone libre.Il entre en résistance en aveyron au maquis O.R.A. de DURENQUE et participera avec la B.L.L et le 80°R.I à la campagne du Rhin jusqu'à la capitulation.

de Pierre JAUDON, Président 80°R.I PARIS


Depuis la fin de la guerre, plusieurs associations ont vu le jour regroupant les anciens combattants des maquis du Languedoc, de la brigade légère du Languedoc (B.L.L) et du 80èmeR.I. Nous avons passé beaucoup de temps à chercher ce qui pourrait nous distinguer : maquis, volontariat, anciens du 80ème d’avant et d’après…etc.

Aujourd’hui, l’âge faisant son effet et rendant raisonnable, nous nous attachons plutôt à tout ce qui peut nous réunir. C’est une bonne chose ! Ainsi, nous sommes ici aujourd’hui pour nous rassembler dans une seule association, dont l’objectif est de garder la mémoire de nos combats et de ceux qui se sont sacrifiés jusqu’à ce qu’elle entre dans l’Histoire.

Nous évoquerons trois visages – deux lieux inspirés et une Mémoire.

Pour me préparer à ce moment important, j’ai effectué quelques démarches afin de placer notre réunion sous de justes patronages. Trois silhouettes de résistants viennent à mon esprit :                                              
D’abord, j’en ai confié l’organisation à notre ami René BRUGIE, fils du commandant du 1er bataillon de la B.L.L., puis du 80ème R.I. J’ai nommé le Colonel BRUGIE – blessé en septembre 1939, dès les premiers jours de la guerre et la timide offensive de l’armée française en Allemagne, puis pilier du maquis de l’O.R.A de l’Aveyron – auquel il avait apporté le précieux apport de cinq officiers et d’une dizaine de sous-officiers de carrière. En pensant avec admiration et reconnaissance à lui, j’en profite pour te remercier cher René, de ton organisation d’aujourd’hui – en te disant ces simples mots ; " Ton père serait fier de toi ".

Ma deuxième démarche de préparation, je l’ai effectuée au mois d’août pendant mes vacances. Je me suis rendu au lieu-dit " Le Sauvage " en Haute-Loire à la limite nord de la Lozère – dans cette énorme ferme perdue dans une grande clairière au milieu des forêts de la Margeride, où le Colonel THOMAS – futur Commandant de la B.L.L. - avait installé un P.C, celui de la victoire  d’où il libéra MARVEJOLS avec une folle audace, installé dans la ville alors que les Allemands occupaient encore MENDE. Cet avocat du barreau d’AIX-EN-PROVENCE : Maurice DAVID – grand chrétien et grand combattant de la Résistance - doit aussi être présent dans nos mémoires  en ce jour du souvenir.

Enfin, nous serions tout à fait incomplets et injustes si nous ne mettions pas notre réunion sous le patronage de CARREL nom de résistance de Gilbert de CHAMBRUN – chef régional des F.F.I. du Languedoc. Il a accepté avec joie et  nous a envoyé le message que va vous lire Jacques BRISSART, vice-président de notre association.

A 98 ans, CARREL , Gilbert de CHAMBRUN est remarquable par son incroyable mémoire de ce temps extraordinaire et sa hauteur de vue. Je lui ai rendu visite et il m’a dit de vous saluer tous, de sa part, et de vous assurer de sa profonde affection. Brillant haut fonctionnaire au Quai d’Orsay en 1939, mobilisé, il échappa courageusement à la captivité et ayant rejoint son ministère à VICHY, il a assisté, la mort dans l’âme, à la mise en place de la collaboration. Alors, il se révolte et entre en résistance.

" Mon âge et mon état de santé ne me permettront pas d’assister à votre belle commémoration. Mais je serai de cœur avec vous le 23 septembre 2007. Voici le message que je vous donne en direction des membres des jeunes dont la présence y est de plus en plus nécessaire. Les 80° et 81° R.I ont joué un rôle très important pour le Languedoc-Roussillon et pour la patrie à cette époque. Rappelons-nous que ces deux régiments de volontaires issus du midi, sont allés au bord du Rhin et ont franchi le fleuve pour libérer la France avec les unités de l’armée française et qu’ils ont participé à la victoire contre le nazisme. Les camarades qui ont organisé cette cérémonie sont réunis pour l’accomplissement d’un devoir essentiel et nous devons leur en être reconnaissants.
Avec toute mon amitié. Signé : Gilbert de CHAMBRUN."

Fils cadet d’une très ancienne famille lozérienne, plein d’admiration pour son père qui "seul de son groupe parlementaire" a refusé les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN, il entre dès 1941 au mouvement " Combat" et se consacre corps et âme à la Résistance en Languedoc. En liaison avec LONDRES puis ALGER, il accepte toutes les dangereuses responsabilités d’organisation de la Résistance dans la région. Inlassablement, il la parcourt pour installer les réseaux, nommer les responsables qui pour 50% au moins tombent sous les coups de la Gestapo et des S.S. – exécutés ou déportés ! Il ne se découragera jamais et c’est une région comprenant plus de 40 maquis et 10.000 résistants actifs qu’il présente à l’heure de la Libération. C’est lui qui créera la B.L.L – devenue 80ème R.I. et une autre brigade devenu le 81eme R.I. qui participèrent tous à la Libération et entrèrent en Allemagne.

Sans oublier "la cinquantaine de grands résistants" de la région que nous ne pouvons tous nommer, mais auxquels va notre admiration et notre reconnaissance. Nous vénérons ces trois personnages : deux disparus en 1985 et le troisième encore vivant qui inspire notre rassemblement d’aujourd’hui. Car, il s’agit bien d’un rassemblement, de l’oubli de tout ce qui est secondaire, pour mettre en commun l’essentiel : la mémoire de la résistance.                  
Et puisqu’il s’agissait d’un rassemblement, nous avons tout de suite proposé sa réalisation à une date et à l’endroit où avait eu lieu un autre rassemblement celui là majeur – jour inoubliable dans l’histoire de la France ; le jour où son armée reconstituée en Afrique du Nord par le Général de LATTRE DE TASSIGNY a débarqué le 15 août sur les côtes Varoises.

Après avoir pris TOULON et MARSEILLE et avant de s’engouffrer dans la poursuite de l’ennemi vers le nord, dans la vallée du Rhône – ce jour où son chef prestigieux bien connu à MONTPELLIER – rencontra ici même sur l’esplanade, l’armée de l’ombre surgie du fond de la France et dont 2.000 maquisards en toute arme et toute tenue, étaient alignés ici même. Il les passa en revue – longuement, parlant, presque à chacun d’entre eux.

Cette force nouvelle, lui était présentée par Gilbert de CHAMBRUN – nu-tête, en civil, veston et cravate, aussi élégant qu’heureux, suivi de THOMAS, PEYTAVIN et BRUGIE. Spectacle inouï, heure très rare où l’on sent l’Histoire se dérouler et s’accomplir. Pour avoir eu la chance d’y être, au premier rang, je n’avais pas le droit d’oublier et j’avais aujourd’hui le devoir, avec vous, la petite poignée de survivants présents, d’en parler à tous nos enfants.

Ainsi ira la mémoire jusqu’à l’Histoire. Ici, la France soudain réapparaissait dans le Camp des vainqueurs, comme à BAYEUX trois mois avant, le Général de GAULLE était apparu avec quelques troupes au sein des armées du débarquement Anglo-Américain. Mais ici, c’était l’armée française qui réunissait ses deux visages très différents – celui de l’ombre et celui de ses colonies libres.

Avec les 10.000 maquisards, que représentaient les 2.000 présents à cette revue mémorable, la brigade légère du Languedoc participait aux dernières batailles. Elle naquit ici, crée par CARREL, commandée par THOMAS. Elle eut un parcours exceptionnel, vivant une véritable épopée dont les sommets furent aussi imprévus que brillants.

En formation au VALDAHON dans le Doubs, elle fut habillée, équipée, armée. Engagée dans la bataille de rupture de la trouée de BELFORT le 18 novembre 1944, elle fut choisie comme infanterie d’accompagnement de la 1°D.B. – ce qui lui valut d’arriver sur le Rhin le 20 novembre – quelques jours avant LECLERC à STRASBOURG. Après plus de 4 mois de garde au Rhin, elle franchit le fleuve le 20 avril et mena une occupation intéressante de la Caserne des SS à PFORZHEIM à BERLIN – en passant par le TYROL !..

Elle vécut ainsi, en dix mois, depuis cette esplanade de MONTPELLIER, des combats inoubliables. A ces souvenirs glorieux, nous joignons ce matin le souvenir que nous voulons ineffaçable des 1.100 maquisards tombés dans les embuscades, fusillés, torturés souvent et déportés. Il faut y ajouter les quelques 300 morts de la campagne victorieuse. Enorme sacrifice sur lequel nous devons souvent réfléchir. Tous les aspects de ce sacrifice doivent retenir notre réflexion.

Au-delà du chagrin inconsolable des mères de ces garçons, souvent très jeunes, n’oublions pas les questions qui nous posent :
 -  Ceux qui sont tombés n’ont probablement pas vu la victoire – l’inespérée victoire qui n’était pas visible du fond des maquis et seulement entrevue dans la revue de MONTPELLIER et les combats jusqu’au Rhin.                         
 - Autre réflexion sur la grandeur du sacrifice : la vie qu’ils auraient eue est celle que,  grace à eux, nous avons eu.
 - Nous avons vu la France présente à la table de la victoire . La France, membre du Conseil des Nations Unies qui réunie seulement 5 grandes puissances
 - Nous avons vécu un progrès technique incomparable ; l’avion, le TGV, Internet, ont transformé la vie dont l’espérance a été allongée de 10 ans !

C’est tout cela qu’ils ont abandonné pour nous. Oui, une éternelle reconnaissance leur est dûe. Enfin, pensons aussi aux valeurs qu’ils ont pratiquées et nous livrent en exemple : La Foi en la France, en notre Patrie si immortelle et si nécessaire au monde. Une Patrie qui ne peut pas mourir.

- L’Espérance, il fallait aussi avoir l’espérance que ce qui paraissait impossible ait pu arriver ; c’est la définition même de l’Espérance et ils l’avaient. A côté de ces vertus assez rares chez nos contemporains, paraît-il, moroses, ils pratiquaient la fraternité, la solidarité dans l’épreuve, au-delà de tout ce que nous connaissons dans la vie normale. Ils partageaient tout : nourriture, armes, vêtements, épreuves diverses, sentiments.

C’était vraiment la Charité synonyme de l’Amour au sens du destin totalement partagé. Comme exemple pour nous, cela fait déjà pas si mal ! La foi, l’espérance et la charité ! Pourquoi pas ?

Gilbert de CHAMBRUN me disait la fierté d’avoir commandé de tels hommes – le Chant des Partisans, avec ses notes si émouvantes et sa répétition haletante,traduit bien la valeur profonde de ce sacrifice. Finalement, ils ont tout donné, dans l’ombre puis dans la lumière pour que VIVE LA FRANCE.


 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

20.02 | 18:20

Bonsoir, Mon Père Marc Petit a été un des rares soldats du 80 RI à ne pas être fait prisonnier dans l'Aisne en compagnie de l'aumônier du régiment. rens SVP

...
29.12 | 20:51

Bonsoir je voulais savoir si l'amicale du 80 RI est toujours actif ?
Le frère de mon arrière grand-père était au 80 Ri et mort le 12.06.1940 à Lans (89)...

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07.10 | 13:29

Bonjour je suis le fils de MR GARCIA HYPPOLITO faisant parti de ce maquis . Sauvé grace a son anniversaire le 22 aout 1944 j'aimerais + de renseignements merci

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29.08 | 00:31

Bravo pour cette oeuvre de mémoire; Claire Berton, nièce du sculpteur Louis Bancel, qui érigea le Monument aux Déportés de Buchenwald au Père Lachaise;

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